"Le combat ne fait que commencer"

mini-lo.png                               ENVIRONNEMENT – Manifestation à Paris avec le PNR contre les couloirs aériens                                                                                                                                                                                       

 

« Le combat ne fait que commencer »

Pour protester contre le projet de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) visant à modifier les trajectoires de survol, au mépris des recommandations du Grenelle de l'environnement, élus et habitants de la commune ont rejoint la capitale pour se rallier à la manifestation organisée par le Parc naturel régional devant le Ministère de l'Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement et ils sont décidés à aller jusqu'au bout.

Samedi dernier, comme plusieurs autres communes du Parc, la municipalité avait loué un car pour ses manifestants et fait confectionner une bannière « non aux couloirs aériens ». La quarantaine de manifestants valdéens a rejoint le point de ralliement pour former un cortège de quelque cinq cents personnes derrière Jean-Jacques Boussaingault, président du PNR, soutenu par de nombreux élus et associations de l'Essonne et de Seine-et-Marne ainsi que par le Conseil régional d'Ile-de-France et le Parc naturel régional de la haute vallée de Chevreuse. Parmi les élus se retrouvaient la sénatrice Claire-Lise Campion (Essonne), les députés Franck Marlin (Etampes) et Annie Pourssinof (Yvelines), les vice-présidents Jean-Vincent Placé (conseil régional d'IDF), Lionel Walker (conseil général de S.-et-M.), Guy Poupart (PNR Chevreuse), les conseillers généraux Pierre Bacqué (S.-et-M.), Claude Echarroux et Caroline Parâtre (Essonne) ainsi que les associations de défense de l'environnement ACNAB (Stéphane Talaucher de Bonnelles), CNADR (Jean-Paul Radix de Dourdan) et Vivre à Forges (Catherine Giobelina).

Le Grenelle 2 bafoué

Le projet de modification des couloirs aériens présenté par la DGAC a soulevé dès 2001 l'indignation des élus et habitants du PNR qui se sont mobilisés fortement pour s'y opposer. En 2004, la partie semblait gagnée, le Parc, le Ministère, la DGAC et l'Association de contrôle des nuisances sonores et aéroportuaires (ACNUSA) étant parvenus à un accord. Mais en 2009, une proposition de relèvement des altitudes d'arrivée à destination de Paris-Orly en configuration vent d'est a été présentée « en catimini » au Ministère. Elle impliquait le déplacement vers le sud d'un couloir aérien et la création d'un second encore plus au sud. A nouveau les élus et les habitants se sont mobilisés pour être consultés et ils ont réussi, le Parc a été invité aux discussions et a pu présenter ses contre-propositions. Puis en 2010, la loi Grenelle 2 a été votée. Malgré cela, la menace réapparait aujourd'hui, bafouant la loi qui prône la mise en oeuvre d'une nouvelle gouvernance écologique. 
« Le projet de modification du couloir aérien proposé par la DGAC aurait pour conséquence un rallongement du temps de vol, d'où une augmentation de la consommation de kérosène et de l'émission de CO2, et de nouvelles nuisances pour une nouvelle population, sans pour autant supprimer la gêne actuelle pour les populations qui continueront à subir les nuisances des décollages » s'indigne Pierre Bacqué.

Entendus, mais pas écoutés

En l'absence de la ministre Nathalie Kosciusko-Morizet, la délégation du PNR a été reçue par des collaborateurs qui l'ont informée que le projet de modification du couloir aérien proposé par la DGAC est prévu pour être appliqué en septembre. « Nous avons été entendus, mais pas écoutés. Le projet a été mené sans concertation et sans étude des autres propositions qui n'apportent aucune gêne supplémentaire à de nouvelles populations. On se demande finalement quelle est la définition de l'intérêt général » confie Jean-Jacques Boussaingault. Face à cette situation, le Parc, représentant 70.000 habitants, les Conseils généraux de Seine-et-Marne (1.193.767 habitants) et de l'Essonne (1.205.850 habitants) ont voté unanimement contre le projet. Les manifestants du Vaudoué, eux, sont prêts à défendre leur territoire.


« On fera du porte-à-porte dans le village et au-delà, on ira jusqu'au bout ! » ajoutent Christophe et Christine, et pour le maire, « le combat ne fait que commencer ».

Date de dernière mise à jour : samedi, 06 Février 2016