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Catherine Badel : le débat sur l'intercommunalité suscite des débats passionnés auxquels vous participez. Quel est votre rôle aujourd'hui ?
Pierre Bacqué : J'ai annoncé dès le départ que je ne serai pas candidat à la présidence de l'Intercommunalité. Ma seule préoccupation est l'avenir des communes du canton. Je suis à leur service depuis dix-sept ans, je connais le terrain, je connais le contexte politique. Mon rôle est de défendre l'intérêt général en toute liberté et jusqu'au bout de mon mandat.
Quelles sont les raisons objectives qui vous font préconiser une intercommunalité cantonale ?
La coopération intercommunale est déjà une réalité dans ce canton. Il y a des syndicats pour gérer en commun le collège, les transports, les déchets, l'électricité. Il y a des associations pour développer le sport et les services à la personne, pour prendre en charge les personnes âgées; pour défendre le patrimoine, promouvoir la culture et le tourisme. Nous sommes déjà armés pour réussir, il suffit que l'intercommunalité absorbe les syndicats, aide les associations et mutualise les compétences. On fera des économies d'échelle sans perdre les savoir-faire.
Certes, mais pourquoi rester dans le canton, n'est-ce pas un repli sur soi ?
Au contraire, nous organiser d'abord entre nous pour créer un territoire cohérent nous permettra, à terme, de nous ouvrir à d'autres territoires dans les meilleures conditions de représentativité. Nous serons en position de force pour préserver notre identité et nos intérêts, alors qu'une commune isolée court le risque d'avoir trop peu de voix pour se faire entendre, et donc de subir la loi du plus fort, que ce soit en matière d'urbanisme ou de finances.
Il faudra que cette intercommunalité soit viable. Quels seront ses atouts ?
Viable, elle le sera quant à sa population d'environ douze mille habitants. Elle le sera aussi grâce au projet de territoire que les communes pourront développer ensemble. Nos atouts sont touristiques et économiques : circuits de randonnée, produits de la ferme, gites et hôtels, découverte nature, agriculture, artisanat, sortie d'autoroute, petites zones pour industries légères, label Parc naturel. Bref, nous sommes une ruralité diversifiée et durable, et je suis convaincu qu'il faut que nous le restions pour préserver notre qualité de vie.
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