Cérémonie du 8 mai

A 10h30, personnalités de l'état, représentants des communautés juives, Gendarmerie à cheval, Sapeurs-pompiers, Anciens Combattants du Vaudoué, le corps enseignant de l'école primaire et leurs élèves, les membres de la famille Kogan, dont Mme Lévy,  venue spécialement d'Israël, nièce de Frida Mandelstam, Marie et Thomas Delattre, petite fille, et petit fils de Frida Mandelstam, Valdéennes et Valdéens vont se réunir devant la mairie. Le cortège se dirige vers le monument aux Morts pour y déposer une gerbe. Marseillaise et honneurs sont rendus aux  disparus.

"Le 8 mai commémore, l'ensemble des évènements de la  dernière guerre mondiale, aussi bien, la victoire des forces alliées en 1945, que la fin de l'oppression nazie sur l'Europe toute entière. Le 8 mai de chaque année, notre village se rappelle les noms de ces soldats disparus gravés dans la pierre du monument aux Morts. Le 8 mai de chaque année, notre village se souvient aussi, des noms des 7 aviateurs alliés du Commonwealth, dont le bombardier s'est écrasé sur notre territoire dans la nuit du 3 mai 1944, dont les tombes sont adossés au mur de notre cimetière. Aujourd'hui, à la mémoire de ces victimes militaires, vient s'ajouter celles des habitants, victimes, eux, de la barbarie nazie envers les civils, et dont les noms ont été jusqu'à ce jour, oubliés. Ces noms appartenaient à une famille juive, qui s'était installée au Vaudoué, dans une maison qu'elle avait acheté dans les années 30. Il s'agit d'un couple, Ismak Kogan, Frida Mandelstam, des parents de Frida Mandelstam, de sa soeur Eva, et de la cousine Esther, une famille paisible et heureuse qui vivait dans notre village. Séduits par le calme et l'environnement exceptionnel, ils transformèrent très vite leur maison, en pension de famille, pour mieux accueillir leurs amis. Ainsi, naissait la pension des Bruyères au 51 rue des Templiers. Parce qu'ils étaient juifs, sous l'occupation nazie, Ismak, Frida, Elsa, David et Eva, ont été rayés de la carte jusqu'à aujourd'hui. Quatre d'entre-eux, Ismak,  Frida, Elsa et Eva ont subi le sort de milliers d'autres juifs, ils ont été raflés, déportés au camp d'Auschwitz, exterminés au bout du voyage. Seuls ont échappé à cette horreur, David, décédé en 1940, le petit Jacques, fils d'Ismak et de Frida, mis à l'abri par des amis de la famille, qui devait l'adopter quelques années plus tard, la famille Delattre.


 

 

 

 

De gauche à droite : Pierre Bacqué, Conseiller général du canton de la Chapelle le Reine, Maurice Tubul sous-préfet, directeur de cabinet du préfet de Seine et Marne, M Heijne,  Président des Anciens Combattants du Vaudoué.

Nous devons, à l'ouverture des documents sensibles d'archives départementales de Seine et Marne, c'est surtout à l'historien Frédéric Viey, présent parmi nous, la régulation de ces noms, et donc, de l'existence de ces personnes dans notre village, de leurs vies et de leurs drames. La plaque commémorative dévoilée aujourd'hui, assurera, que leur mémoire restera  gravée dans nos coeurs, comme dans la pierre, au même titre que celle des autres victimes de guerre de notre commune. "
"Ce geste s'inscrit dans notre devoir de mémoire, ce devoir qui nous lit à notre histoire, cette obligation, qui affirme que nos valeurs, survivront toujours,  à toutes les atteintes qui leur ont été ou qui leur seront portées. Nous sommes fiers, de rendre hommage à tous nos morts, nous sommes fiers, de transmettre aux nouvelles générations, des témoignages qui leur donneront conscience des droits inaliénables de l'homme. 

Graver le nom des victimes de notre village, dans la pierre, c'est déjà, ne pas oublier. Se souvenir d'elles, c'est déjà, lutter pour la liberté et la démocratie.  Parler d'elles, c'est déjà, éclairer l'avenir de nos enfants, de la lumière de la tolérance". Allocution du maire Pierre Bacqué 

 

Le discours de Maitre Bouaziz, président de la communauté Israélite de Fontainebleau et du Sud Seine et Marne, s'adresse aux enfants du Vaudoué, en évoquant les "vertus cardinales": l'exemplarité, la tolérance, la solidarité et la fraternité. Le président des communautés juives de Seine et Marne, M Golstein, parle du devoir de mémoire, par la transmission, inscrire des noms dans la pierre, comme pour cette plaque commémorative qui restera la flamme éternelle.
La cérémonie se poursuit  dans la salle polyvalente, un auto-portrait de Kogan y est présenté, tableau attribué à l'école de Paris. Mme Lévy venue  spécialement d'Israël pour l'occasion, fait part de  son émotion, au devoir de mémoire de cette dernière génération à laquelle elle appartient. Ayant passé son enfance aux Buyères et étant élève à l'école primaire du Vaudoué (mairie actuelle) elle décrit ses années de bonheur avant la guerre. Puis c'est l'apocalypse, le camp de Drancy, le message d'espoir, écrit par son oncle Kogan, la déportation de ses proches, la  séparation avec ses parents, l'éloignement en région Pyréenéenne dans une famille d'accueil. 

 

La lecture d'un poème  par des élèves de l'école primaire, "de la guerre à la paix" exprimé avec toute la sensibilité et la simplicité d'un enfant, emeût l'auditoire. La jeune génération en participant à ces cérémonies s'imprègne des moments douloureux de l'histoire. Ils pourront, à leur tour, perpétuer la flamme du souvenir, afin que l'on ne puisse plus jamais connaitre, de telles atrocités. Les diplômes (participation à une manifestation patriotique) offerts par l'association des Anciens Combattants du Vaudoué, remis des mains du sous-préfet Tubul aux enfants, vont clôturer la partie officielle de cette journée du souvenir. Le vin d'honneur sera servi à l'issue de la cérémonie.

Date de dernière mise à jour : lundi, 31 Octobre 2016