Articles de presse sur les pilleurs d'églises

Policiers et gendarmes viennent de porter un joli coup d'arrêt aux pilleurs d'église. Deux d'entre eux, âgés d'une quarantaine d'années, ont été mis en examen hier pour vol et recel avec effraction d'objets de culte et association de malfaiteurs. Le parquet a requis des mandats de dépôt à leur encontre. De février à mai dernier, ils auraient écumé une soixantaine d'églises en Seine-et-Marne*, dans l'Essonne, le Loiret et l'Yonne.      

     « C'est une affaire qui n'est pas habituelle compte tenu de la nature des objets dérobés et de la valeur symbolique qu'ils représentent », souligne le procureur de Melun, Serge Dintroz. 
Certains objets volés étaient exposés dans les brocantes, Candélabres, lustres, calices, ciboires, étoles, statues, tableaux, diadèmes ou encore chasubles... Au total, cent soixante objets religieux ont été trouvés dans un hangar de l'agglomération melunaise et au domicile de l'un des pilleurs ainsi que 3 700 €. Deux autres personnes ont également été interpellées. Il s'agit d'un brocanteur « dont la bonne foi a pu être surprise mais on doit en avoir le coeur net », précise le procureur. Ce professionnel, qui a effectivement acheté aux deux pilleurs en question près de 80 objets religieux à bas prix, a d'ailleurs été relâché. Il aurait inscrit la transaction sur son registre. Une autre personne est aussi inquiétée. Il s'agit d'un revendeur dont la garde à vue vient d'être levée pour raison de santé. Il n'empêche, prévient le procureur, « il a des comptes à rendre et il devra s'expliquer », précise encore le procureur. Les églises étaient essentiellement fracturées à l'aide d'un pied-de-biche. « Les vols s'effectuaient sur une grande zone géographique, la plupart du temps le week-end. C'est pour cette raison que nous avons mis en place une cellule d'enquête commune police, GIR, gendarmerie », explique Chantal Baccanini, la patronne de la police du 77. Son nom de code : « Le bourdon ».
Ensemble, ils ont oeuvré et remonté la piste des voleurs. C'est ainsi que les enquêteurs se sont intéressés aux brocantes de village et ont pu constater que certains des objets volés étaient exposés. Pour Eric Le Callonnec, commandant le groupement de gendarmerie de Seine-et-Marne, c'est clair : « Tout se vend et tout s'achète. Mais nous sommes intervenus à temps car le trafic prenait de l'ampleur. Le réseau était en train de se monter. » Une information judiciaire est ouverte. * Les villes de Seine-et-Marne concernées : Samois-sur-Seine, Samoreau, Chartrettes, La Rochette, Savigny, Souppes, Le Mée-sur-Seine, Aubigny, Réau, Villiers-Saint-Georges, Ury, Achères, Le Vaudoué, Boissy-aux-Cailles, Bransles, Egreville, Lorrez, Barbizon, Fontenailles et Jouy-le-Châtel.      

Le Parisien  25 juin 2009

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Date de dernière mise à jour : dimanche, 17 Mai 2015